A Marseille, Recyclop fait la chasse aux mégots

Chaque année, selon une estimation de l’Organisation 4 300 à 4 950 milliards de mégots se retrouvent dans la nature.

C’est le premier déchet plastique marin retrouvé sur le littoral : chaque année, selon une estimation de l’Organisation 4 300 à 4 950 milliards de mégots se retrouvent dans la nature. Un filtre, fabriqué en acétate de cellulose (c’est-à-dire en plastique, oui) met jusqu’à 12 ans à se dégrader naturellement ; un mégot, lui, ne contient pas moins de 7 000 composants chimiques, et souvent éco-toxiques. 

Recyclop, une petite association marseillaise parie sur la récupération et le stockage des mégots, dans l’attente d’une solution éco-responsable de recyclage. En la matière, les expériences restent en effet « embryonnaires » – une petite société bretonne s’est ainsi lancée sur ce marché — comme le relevait dans un récent rapport l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris).

En 2013, Abdès Bengorine réalise, sur une plage de Marseille, l’ampleur du problème : « Je me suis mis à ramasser les mégots autour de moi et c’était hallucinant, je me suis rendu compte qu’il y en avait partout. » 

Comment récupérer ces cigarettes qui, au mieux, finiront incinérées, au pire, pollueront la nature durant des dizaines d’années ? Recyclop se lance en 2015 en pariant sur « le changement de comportement » des fumeurs.

« Dans l’association, nous ne sommes pas là pour dire ‘le tabac c’est mal’ et faire les moralistes. D’ailleurs, nous sommes nous-mêmes fumeurs. Mais on essaie de faire passer l’idée d’un changement de geste. » Simple, le geste : il suffit de proscrire définitivement l’écrasé sauvage de clope sur le sol…

Dans les festivals comme Delta ou Marsatac, mais aussi les établissements scolaires, ou auprès des bars du Vieux-Port, Recyclop distribue des cendriers de poche et incite les gens à les vider, une fois pleins, dans des cylindres de récupération. « En festival, cette sensibilisation marche surtout en journée. La nuit, après trois bières, il n’y a plus d’écolo », soupire Abdès, conscient que la route sera encore longue.

Source : laprovence.com

Au festival ou à Marsatac, les mégots se comptent par kilos…
PHOTO DR.
Partager l'article
Tags:

Laisser un commentaire